
Parler de ses difficultés personnelles à un psychologue suppose de pouvoir s’exprimer sans craindre qu’une autre personne entende, découvre ou conserve ses confidences. Lors d’une consultation psychologique en ligne, cette intimité dépend à la fois du professionnel, de la plateforme utilisée et des conditions dans lesquelles se déroule l’échange.
Une connexion chiffrée ne suffit pas si un proche écoute derrière une porte, si des notifications révèlent le rendez-vous ou si l’ordinateur conserve des documents accessibles à d’autres utilisateurs. La confidentialité se prépare donc avant la séance et se protège également après celle-ci.
Quelques précautions permettent de réduire ces risques : choisir un endroit suffisamment isolé, privilégier un appareil personnel, vérifier les paramètres de visioconférence et comprendre les engagements du psychologue concernant le traitement des informations. Ces mesures doivent rester compatibles avec une séance confortable, où la personne peut parler librement.
Les principes pratiques présentés ici concernent les consultations à distance dans les pays francophones. Les précisions juridiques relatives au secret professionnel et à la déontologie s’appuient principalement sur le cadre français ; les règles applicables doivent être vérifiées dans les autres pays.
Confidentialité d’une téléconsultation : l’essentiel
- Protéger les échanges exige de sécuriser trois éléments : la plateforme, le lieu de consultation et les traces numériques.
- Une pièce isolée, des écouteurs et un appareil personnel réduisent les risques d’écoute ou d’accès involontaire.
- Le psychologue doit expliquer son cadre de confidentialité, ses pratiques de conservation des données et les éventuelles limites légales.
- Pourquoi une séance en ligne peut-elle perdre en confidentialité même avec un outil sécurisé ?
- Comment organiser un lieu confidentiel chez soi lorsque l’on vit avec d’autres personnes ?
- Domicile, bureau ou voiture : quel endroit choisir pour préserver la confidentialité d’une séance ?
- Quels risques à utiliser un ordinateur partagé pour une consultation psychologique en ligne ?
- Quelles précautions prendre avant et après une téléconsultation pour protéger ses échanges ?
- Quels réglages vérifier pour éviter qu’une séance en ligne expose des données personnelles ?
- Dans quelles situations la confidentialité peut-elle rencontrer des limites prévues par le cadre légal ?
- À quoi sert le code de conduite déontologique dans la pratique d’un psychologue ?
Pourquoi une séance en ligne peut-elle perdre en confidentialité même avec un outil sécurisé ?
Une consultation psychologique en ligne peut perdre en confidentialité même lorsque la plateforme dispose de protections techniques sérieuses. Le chiffrement sécurise certains échanges de données, mais n’empêche ni un proche d’entendre une conversation, ni un utilisateur de laisser des informations accessibles sur son appareil. La protection repose donc sur plusieurs conditions complémentaires.
Il faut distinguer trois niveaux de confidentialité :
- La confidentialité technique : elle concerne la sécurité des communications, les traitements de données, les accès aux comptes et les protections proposées par la plateforme.
- La confidentialité physique : elle dépend de l’isolation sonore, de la présence de tiers, de l’utilisation d’écouteurs et de la visibilité de l’écran.
- La confidentialité numérique : elle concerne les historiques, fichiers, notifications, comptes connectés et appareils utilisés pour la séance.
Une plateforme peut protéger efficacement les informations pendant leur transmission sans maîtriser ce qui se passe dans le logement du patient. Par exemple, une conversation entendue depuis un couloir constitue une atteinte à l’intimité sans qu’aucune faille informatique soit nécessaire. Une notification de rendez-vous affichée sur un écran partagé peut également révéler l’existence du suivi.
Les recommandations de la CNIL sur les outils de visioconférence invitent notamment à examiner les paramètres de confidentialité, les traitements de données annoncés par l’éditeur et les mesures de sécurité disponibles. Ces conseils concernent les visioconférences en général, mais ils sont particulièrement pertinents pour des échanges psychologiques sensibles.
La protection repose également sur une répartition des responsabilités. Le psychologue doit sécuriser les aspects relevant de sa pratique et de ses outils professionnels. De son côté, le patient peut agir sur son environnement, ses équipements et la discrétion de ses propres usages numériques. Cela ne signifie pas qu’il serait responsable de toute faille : chaque acteur conserve ses obligations et son périmètre de contrôle.
Une fois ces trois dimensions identifiées, la première vérification concrète concerne généralement le lieu depuis lequel la personne souhaite consulter.
Comment organiser un lieu confidentiel chez soi lorsque l’on vit avec d’autres personnes ?
Pour consulter un psychologue depuis un logement partagé, il est préférable de réserver un espace isolable, de prévoir un moment calme et d’utiliser des écouteurs. L’objectif n’est pas nécessairement de disposer d’une pièce parfaitement insonorisée, mais de réduire les possibilités d’être entendu, interrompu ou observé pendant les échanges.
Une chambre ou un bureau avec une porte fermable constitue souvent une solution plus adaptée qu’un salon traversant. Avant la séance, il est utile de vérifier si une conversation tenue à voix normale reste audible dans le couloir ou dans la pièce voisine. Une porte fermée ne garantit pas, à elle seule, une isolation suffisante.
Lorsque plusieurs personnes vivent ensemble, l’organisation du créneau compte autant que celle de la pièce. Il est possible de réserver un moment où le logement est vide, de demander à ne pas être dérangé ou d’éviter les périodes de circulation habituelle dans les espaces communs.
Dans un studio ou une colocation, certaines adaptations peuvent aider :
- Utiliser des écouteurs filaires plutôt que les haut-parleurs de l’ordinateur.
- Éloigner l’espace de consultation des portes, cloisons fines et passages fréquents.
- Parler à volume modéré, sans compromettre la compréhension du psychologue.
- Utiliser, avec l’accord du praticien, une messagerie adaptée pour transmettre ponctuellement une information sensible.
- Employer éventuellement un bruit de fond discret à l’extérieur de la pièce, à condition qu’il ne gêne pas la séance et ne fasse pas croire à une insonorisation réelle.
Les échanges écrits ne sont toutefois pas automatiquement plus confidentiels : ils peuvent créer des traces conservées dans l’application ou sur l’appareil. Il faut donc vérifier leur mode de stockage et leur accessibilité.
La dimension relationnelle mérite aussi d’être anticipée. Une personne peut simplement expliquer à son conjoint, à sa famille ou à ses colocataires qu’elle a besoin d’un moment privé, sans révéler qu’elle consulte un psychologue ni préciser les sujets abordés. Elle peut également mentionner un rendez-vous personnel si cette formulation lui convient mieux.
En présence d’enfants, prévoir une personne disponible pour s’en occuper ou choisir un créneau compatible avec leurs activités limite les interruptions. Si un enfant entre dans la pièce pendant une discussion délicate, il est préférable de suspendre l’échange plutôt que de poursuivre dans des conditions inconfortables.
Si l’intimité reste impossible à préserver au domicile, rechercher un autre endroit peut être plus pertinent que multiplier les précautions insuffisantes.
Domicile, bureau ou voiture : quel endroit choisir pour préserver la confidentialité d’une séance ?
Le meilleur endroit pour une consultation psychologique en ligne est celui qui combine discrétion sonore, absence d’interruptions, connexion stable et confort personnel. Le domicile convient lorsque l’on peut s’isoler, le bureau peut offrir une pièce fermée et la voiture une solution ponctuelle. Aucun de ces lieux ne garantit automatiquement la confidentialité.
Le choix gagne à reposer sur les conditions réelles de la séance plutôt que sur la seule impression d’être à l’écart. Une voiture stationnée peut permettre de parler sans présence immédiate de proches, mais exposer le visage ou les mouvements du patient aux passants. Un bureau individuel peut sembler calme tout en restant audible depuis le couloir.
| Critère | Domicile | Bureau | Voiture stationnée |
|---|---|---|---|
| Isolation sonore | Variable selon les murs, les portes et les occupants. | Variable selon l’agencement et la proximité des collègues. | Dépend des fenêtres, des bruits extérieurs et de la proximité des passants. |
| Interruptions | Possibles par les proches ou les enfants. | Possibles par les collègues ou les sollicitations professionnelles. | Possibles dans un lieu de stationnement fréquenté. |
| Connexion Internet | Souvent contrôlable avec son réseau personnel. | Peut dépendre d’un réseau professionnel administré par l’employeur. | Dépend de la couverture mobile et de la stabilité du signal. |
| Confort émotionnel | Potentiellement favorable dans un espace familier. | Peut être limité par le contexte professionnel. | Peut être réduit par l’espace restreint ou la température. |
| Visibilité par des tiers | À contrôler selon les occupants et les ouvertures. | À contrôler depuis les couloirs et les vitrages. | À contrôler depuis les fenêtres et le parking. |
Pour évaluer un lieu, un test préalable est utile. Il consiste à parler à voix habituelle dans les conditions envisagées, puis à demander à une personne de confiance de vérifier ce qui est audible depuis un espace adjacent, sans révéler d’informations personnelles. Dans une voiture, il faut aussi observer ce qui reste visible de l’extérieur. Ce test pratique n’est pas une mesure acoustique certifiée, mais il aide à repérer des faiblesses évidentes.
Au bureau, utiliser un appareil personnel et une connexion adaptée permet de réduire la dépendance aux équipements professionnels. Dans une voiture, le véhicule doit rester stationné dans un emplacement autorisé et suffisamment calme pendant toute la séance. Une téléconsultation vidéo ne doit pas être menée en conduisant.
Enfin, la confidentialité ne doit pas se faire au détriment de la qualité de l’échange. Une personne qui surveille constamment les passants ou redoute l’arrivée d’un collègue peut éprouver des difficultés à aborder certains sujets. Un lieu adapté pour une séance ponctuelle ne sera pas nécessairement le meilleur choix pour un suivi régulier.
Une fois le lieu déterminé, le choix de l’appareil devient essentiel : même dans une pièce parfaitement isolée, un ordinateur partagé peut laisser des traces du rendez-vous.
Quels risques à utiliser un ordinateur partagé pour une consultation psychologique en ligne ?
Un ordinateur partagé peut révéler l’existence d’une consultation psychologique sans exposer directement le contenu de la conversation. L’historique de navigation, les téléchargements, les notifications ou les connexions enregistrées peuvent rester accessibles à d’autres utilisateurs. Plus une personne contrôle difficilement l’appareil et ses paramètres, plus la protection de sa vie privée devient incertaine.
Les traces possibles varient selon le navigateur, le système d’exploitation et la plateforme utilisée. Elles peuvent notamment comprendre :
- Les pages consultées et les liens de connexion présents dans l’historique.
- Les fichiers téléchargés, comme un document transmis par le praticien.
- Les identifiants mémorisés et les sessions utilisateur restées ouvertes.
- Les notifications associées aux courriels ou aux applications de rendez-vous.
- Les fichiers temporaires ou données conservées localement par certaines applications.
Il existe une différence importante entre un ordinateur familial comportant des comptes utilisateurs séparés et un appareil accessible à tous depuis la même session. Un compte personnel distinct, protégé par un mot de passe, limite certains accès ordinaires, sans garantir une isolation absolue face à une personne disposant de droits administrateur.
Utiliser l’ordinateur d’un proche ou un poste public, par exemple dans une bibliothèque, présente davantage d’incertitudes. La personne qui consulte ne maîtrise pas toujours les logiciels installés, les paramètres de conservation ou les mécanismes de surveillance.
Le cas des ordinateurs professionnels appelle une vigilance particulière. Selon la configuration et les règles applicables, un employeur peut disposer d’informations techniques relatives à l’utilisation de ses équipements ou de son réseau. Cela ne signifie pas qu’il peut automatiquement écouter le contenu audiovisuel d’une séance, mais l’environnement informatique reste administré par un tiers.
La CNIL explique les limites de la navigation privée : ce mode réduit certaines traces conservées par le navigateur, mais les fichiers téléchargés restent présents et l’activité n’est pas rendue invisible aux sites ou aux intermédiaires réseau concernés.
Un appareil personnel reste donc préférable lorsqu’il est disponible. À défaut, il convient d’utiliser un compte distinct, d’éviter l’enregistrement automatique des identifiants, de fermer complètement la session après consultation et de vérifier les éventuels fichiers conservés.
Ces risques peuvent être limités par une routine simple, appliquée systématiquement avant et après chaque rendez-vous.
Quelles précautions prendre avant et après une téléconsultation pour protéger ses échanges ?
Avant une téléconsultation psychologique, il est conseillé de vérifier son environnement, ses écouteurs, les applications ouvertes et les risques d’interruption. Après la séance, il faut fermer la communication, contrôler les documents et les éventuelles traces enregistrées. Ces gestes protègent la confidentialité et facilitent aussi la transition entre l’échange thérapeutique et les activités quotidiennes.
Quelques minutes avant le rendez-vous, s’installer au calme permet de vérifier la connexion, le fonctionnement du microphone et la confidentialité de la pièce. Fermer les applications inutiles réduit le risque qu’une notification personnelle ou professionnelle apparaisse pendant la conversation. Le téléphone peut être mis en mode silencieux, en conservant si nécessaire un moyen de joindre le praticien.
Il est également utile de décider à l’avance quoi faire si quelqu’un entre dans la pièce ou si la connexion devient instable : interrompre temporairement l’échange, changer d’espace, utiliser un canal de secours convenu ou proposer de reprogrammer la séance.
Concernant les enregistrements, aucune fonction ne doit être considérée comme anodine. Il convient de demander si la plateforme autorise l’enregistrement, qui peut l’activer, quelles informations sont conservées et pendant combien de temps. Enregistrer soi-même une séance sans en informer le professionnel peut également soulever des questions juridiques selon le pays et les circonstances.
Une fois la consultation terminée, la fermeture du capot de l’ordinateur ne doit pas remplacer la vérification de la fin effective de l’appel. Il faut quitter la réunion, fermer les éventuels documents sensibles et vérifier, lorsque l’outil le permet, qu’aucun enregistrement n’est resté actif. L’absence d’indicateur visible ne constitue pas une garantie concernant les traitements réalisés par le service.
Checklist de confidentialité en 5 actions vérifiables
- Contrôler le lieu : fermer la porte, vérifier les accès et identifier une solution en cas d’interruption. Résultat attendu : un espace disponible pendant toute la séance et un plan de secours défini.
- Tester l’audio : brancher les écouteurs et vérifier le microphone. Résultat attendu : entendre et être entendu sans diffusion du son par les haut-parleurs.
- Préparer l’écran : fermer les applications inutiles et désactiver les notifications sensibles. Résultat attendu : un écran d’accueil sans informations personnelles exposées.
- Terminer correctement la communication : utiliser la commande de fin d’appel puis vérifier que l’application n’indique plus de séance active. Résultat attendu : une connexion visiblement terminée.
- Contrôler les traces : fermer la session, vérifier les téléchargements et ranger les éventuelles notes confidentielles. Résultat attendu : aucun document sensible laissé ouvert ou accessible par inadvertance.
Enfin, prévoir un court moment de transition après le rendez-vous peut être utile. Il évite de passer immédiatement d’un échange personnel sensible à une discussion familiale ou professionnelle dans laquelle le contenu de la séance pourrait être évoqué involontairement.
Cette routine devient encore plus efficace lorsque les paramètres de la plateforme ont été contrôlés une première fois puis revérifiés après toute modification importante de l’application ou de l’appareil.
Quels réglages vérifier pour éviter qu’une séance en ligne expose des données personnelles ?
Avant une consultation psychologique en ligne, les principaux réglages à vérifier concernent les autorisations du microphone et de la caméra, les notifications, l’identité affichée, l’arrière-plan et les fonctions d’enregistrement. Il faut aussi examiner les paramètres de confidentialité de la plateforme, car certaines informations peuvent être visibles ou conservées sans que le contenu de la conversation soit directement divulgué.
Les autorisations accordées à une application doivent correspondre à ses besoins réels. Une plateforme de visioconférence nécessite généralement un accès au microphone et, si la vidéo est utilisée, à la caméra. Ces autorisations peuvent être contrôlées dans les paramètres de l’appareil ou du navigateur.
L’environnement visible derrière le patient constitue un autre point d’attention. Un document posé sur une étagère, une photo de famille ou un écran secondaire peuvent dévoiler des éléments personnels. Un arrière-plan neutre ou un cadrage adapté peut limiter ces expositions sans nécessiter de modifier entièrement la pièce.
Il est également important d’examiner les éléments affichés dans l’interface :
- Le nom et la photographie associés au compte.
- Les éventuelles informations personnelles visibles sur le profil.
- Les aperçus de notifications et les applications ouvertes.
- Les options de partage d’écran.
- Les fonctions facultatives de transcription, de sous-titrage ou d’enregistrement.
Les risques ne se limitent pas au logiciel de consultation. Une notification peut apparaître sur un téléphone synchronisé, un calendrier partagé peut révéler le nom du rendez-vous et certaines applications peuvent afficher un statut de disponibilité. Les appareils connectés et assistants vocaux présents à proximité méritent également d’être vérifiés.
Pour effectuer un contrôle pratique, il est possible de lancer un appel de test, d’observer l’image transmise, de vérifier le nom affiché et de contrôler les permissions actives. Les fonctionnalités facultatives non nécessaires peuvent être désactivées. Si un service de transcription ou de sous-titrage transmet des données à un prestataire supplémentaire, il est pertinent de demander au professionnel quelles garanties s’appliquent.
Enfin, le patient peut interroger son psychologue sur les traitements de données réalisés par la plateforme : finalités, accès possibles, durées de conservation, mesures de protection et lieux d’hébergement. Une déclaration de conformité au RGPD ne constitue pas, à elle seule, une preuve suffisante de sécurité. De même, l’hébergement en Europe peut être un élément d’évaluation, mais ne représente pas une obligation universelle pour toute téléconsultation.
Les réglages techniques protègent contre certains risques de divulgation, mais ils ne déterminent pas à eux seuls les obligations juridiques du professionnel concernant les informations confiées.
Dans quelles situations la confidentialité peut-elle rencontrer des limites prévues par le cadre légal ?
La confidentialité d’une consultation psychologique peut connaître des limites lorsque la loi impose ou autorise la communication de certaines informations, notamment dans des situations de danger ou de protection de personnes vulnérables. Ces exceptions ne signifient pas que le contenu d’une séance peut être librement communiqué. Leur application dépend du pays, du statut du professionnel et des circonstances précises.
En France, les articles 226-13 et 226-14 du Code pénal sur le secret professionnel définissent respectivement la sanction de certaines révélations d’informations secrètes et les situations dans lesquelles la loi autorise ou impose leur communication.
L’article 226-13 prévoit une peine d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende lorsque les conditions de l’infraction sont réunies. Ce texte ne suffit cependant pas, à lui seul, à déterminer le régime applicable à chaque psychologue dans toute situation : les fonctions exercées et le cadre professionnel doivent également être considérés.
L’article 226-14 prévoit notamment des exceptions concernant la communication aux autorités compétentes de certaines informations relatives aux privations, sévices ou maltraitances subis par un mineur ou une personne qui n’est pas en mesure de se protéger. Certaines dispositions concernent spécialement des catégories de professionnels et obéissent à des conditions particulières.
Il convient donc de distinguer une possibilité légale de révélation d’une obligation générale de signalement. Toutes les situations préoccupantes n’entraînent pas automatiquement la même démarche et les obligations ne sont pas identiques pour tous les professionnels.
De même, les questions de témoignage devant une juridiction doivent être examinées selon les règles procédurales applicables, sans présumer qu’une demande de témoignage autorise systématiquement la divulgation de tous les échanges.
En dehors des cas prévus par le droit applicable, la simple demande d’un membre de la famille, d’un conjoint ou d’un employeur ne constitue pas, en elle-même, une autorisation générale de révéler le contenu des consultations. Le passage à une séance en ligne ne crée pas une obligation supplémentaire de transmettre les confidences à ces tiers.
Les règles françaises ne doivent pas être transposées automatiquement à la Belgique, à la Suisse, au Québec ou aux autres territoires francophones. Le statut du psychologue, les obligations de confidentialité et les exceptions légales peuvent varier.
Une question utile à poser au début du suivi est : « Dans quelles circonstances pourriez-vous être amené à communiquer une information issue de nos séances, et comment m’en informeriez-vous ? » Elle permet d’aborder le cadre applicable avant de confier des éléments particulièrement sensibles.
Au-delà de ces règles juridiques, les principes déontologiques aident à comprendre comment le psychologue doit organiser sa pratique quotidienne et sécuriser ses échanges.
À retenir avant de choisir un psychologue en ligne
- Un professionnel doit pouvoir expliquer clairement ses pratiques de confidentialité, y compris lorsqu’il consulte à distance.
- Les engagements déontologiques et les obligations juridiques sont complémentaires, sans avoir nécessairement la même portée.
- La qualité des réponses apportées aux questions sur les données, le consentement et la sécurité constitue un critère concret pour évaluer le cadre proposé.
À quoi sert le code de conduite déontologique dans la pratique d’un psychologue ?
Le code de déontologie des psychologues définit des principes destinés à guider une pratique respectueuse de la personne, notamment la confidentialité, le consentement, la compétence et la protection de la vie privée. Il constitue un repère pour apprécier les engagements professionnels, y compris en consultation à distance. Sa portée juridique dépend toutefois du pays et du cadre d’exercice.
En France, le Code de déontologie des psychologues consolidé en 2021, publié par la Commission nationale consultative de déontologie des psychologues (CNCDP), concerne les titulaires du titre de psychologue, quel que soit leur mode d’exercice. Il présente notamment le respect de la vie privée et du secret professionnel parmi ses principes.
Son article 23 traite de la protection de la vie privée lors du recueil, du classement et de l’archivage des notes et des données. Son article 24 porte expressément sur la communication à distance et demande au psychologue de rester personnellement identifiable et de veiller à la sécurisation des échanges.
Ces engagements signifient qu’une consultation en ligne ne doit pas être considérée comme un espace dans lequel les exigences professionnelles seraient affaiblies du seul fait de la distance. Le psychologue doit notamment tenir compte des particularités et des limites des outils numériques qu’il utilise.
« Cependant, lorsqu’elle·il a recours à cette dernière, elle·il doit rester personnellement identifiable et veiller à sécuriser les échanges. »
Il faut néanmoins distinguer la valeur déontologique d’un code et la force juridique d’une disposition légale. En France, ce code constitue une référence professionnelle, mais il n’a pas automatiquement la valeur d’une loi imposant l’ensemble de ses dispositions à tous les psychologues. La CNCDP est une commission consultative et non un ordre professionnel investi d’un pouvoir disciplinaire général.
Selon la situation, une personne estimant avoir subi un manquement peut chercher à obtenir des explications du praticien, solliciter un avis déontologique ou examiner les recours effectivement ouverts par le cadre professionnel et juridique applicable. Aucune sanction ou procédure de médiation spécifique ne peut être présumée disponible dans tous les cas.
Avant de commencer un suivi psychologique en ligne, plusieurs éléments permettent d’apprécier le sérieux du cadre proposé : l’identité et les qualifications du professionnel, les références déontologiques qu’il utilise, les informations données sur les traitements de données, les modalités de conservation des notes et sa capacité à répondre précisément aux questions concernant la confidentialité.
L’appartenance à une organisation professionnelle peut apporter un élément de contexte, mais elle ne garantit pas à elle seule la qualité de la consultation ni la sécurité technique du service. La transparence des pratiques et leur cohérence avec les obligations applicables restent essentielles.
Une personne doit pouvoir demander des explications sans avoir à justifier son besoin de discrétion. Si les réponses demeurent imprécises, elle peut demander des informations complémentaires avant de transmettre des données sensibles ou de poursuivre la consultation.
Pour engager un suivi dans des conditions plus sereines, la prochaine étape consiste à vérifier son lieu de consultation et à demander au psychologue comment il sécurise les échanges, traite les données et présente les limites de la confidentialité dans son cadre d’exercice.
Peut-on demander à un psychologue de ne pas envoyer de rappel de rendez-vous ?
Il est possible de demander au professionnel quelles options existent pour limiter les rappels par courriel, SMS ou notification. Selon la plateforme, certaines communications peuvent être facultatives, tandis que d’autres sont nécessaires au fonctionnement du service. Il est préférable de vérifier ces possibilités avant le premier rendez-vous.
Le psychologue peut-il consulter si le patient refuse d’activer sa caméra ?
Une séance sans caméra peut être envisagée si le professionnel estime que ce format est adapté à la situation et compatible avec son cadre d’exercice. Il convient d’en discuter préalablement, car certains échanges peuvent nécessiter des informations visuelles ou des modalités d’identification particulières. Le refus de la vidéo ne garantit pas, à lui seul, la confidentialité des échanges audio.
Une consultation psychologique peut-elle laisser des traces sur un relevé bancaire ?
Oui, un paiement électronique peut faire apparaître une opération identifiable sur un relevé bancaire, selon le prestataire de paiement et le libellé utilisé. Il est possible de demander au professionnel les modalités de facturation et les informations susceptibles de figurer sur les justificatifs, particulièrement lorsqu’un compte bancaire est partagé.
Que faire si une personne a entendu une partie de la séance ?
Il est préférable de mettre fin à l’exposition en suspendant la conversation ou en changeant d’environnement. Le patient peut ensuite signaler l’incident au psychologue et décider avec lui des conditions permettant de poursuivre. Si la situation se répète, il peut être nécessaire de modifier l’horaire, le lieu ou les modalités de consultation.
Une plateforme sans fonction d’enregistrement garantit-elle qu’aucune donnée n’est conservée ?
Non. L’absence de fonction d’enregistrement audiovisuel ne signifie pas nécessairement qu’aucune donnée n’est traitée ou conservée. Le service peut notamment utiliser des informations de connexion, des identifiants et des données techniques. Pour connaître les traitements effectivement réalisés, il faut consulter les informations de confidentialité du service et interroger le professionnel sur ses pratiques.